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 France Gall, nom de scène d'Isabelle Gall, chanteuse française, née le 9 octobre 1947 dans le 12e arrondissement de Paris et morte le 7 janvier 2018 à Neuilly-sur-Seine.


    Le père d'Isabelle Gall, Robert Gall (1918-1990), ancien élève du conservatoire, est un chanteur et auteur, entre autres, des Amants merveilleux pour Édith Piaf (1960) et de La Mamma pour Charles Aznavour (1963).

    Sa mère, Cécile Berthier, est la fille de Paul Berthier (1884-1953), cofondateur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois.

    Elle voit défiler chez ses parents de nombreux artistes comme Hugues Aufray, Marie Laforêt ou Claude Nougaro. Enfant, elle accompagne quelquefois son père dans les coulisses de l'Olympia. Il lui fait même manquer l'école pour l'emmener voir Piaf, Bécaud ou Aznavour en concert à Bruxelles.

    Elle commence le piano à cinq ans, puis la guitare vers onze ans. À treize-quatorze ans, elle fait de la musique avec ses deux frères, les jumeaux Patrice et Philippe : ils ont fondé un petit orchestre et jouent l'été sur les plages et l'hiver à Paris.

    La petite Isabelle est surnommée « Babou1 » par sa famille, surnom qu’elle portera jusqu'à sa mort. Son père, devant son caractère affirmé, lui octroie le titre de « petit caporal ». Ses violons d’Ingres sont la peinture et les jeux de société.

    Isabelle Gall donne son premier concert privé à Auxerre dans l'atelier de Noël Brochet, un cousin éloigné sculpteur. Pendant les vacances de Pâques 1963, son père l'incite à enregistrer quelques chansons et remet les bandes à un éditeur musical, Denis Bourgeois.

    Le 11 juillet suivant, l'éditeur lui fait passer une audition au théâtre des Champs-Élysées. Du fait qu'elle est alors mineure, son père doit signer le contrat pour elle chez Philips où Denis Bourgeois est déjà directeur artistique de Serge Gainsbourg.

    Elle enregistre quatre titres avec l'arrangeur Alain Goraguer, jazzman et compositeur, qui a notamment travaillé avec Gainsbourg et Boris Vian.

    Première contrainte de sa direction artistique : pour ne pas interférer avec Isabelle Aubret, alors grande vedette, elle doit abandonner son prénom d’Isabelle. Elle devient « France Gall »

    « J’ai toujours été contre “France”, je trouvais que c’était trop dur.

“Isabelle”, ça me correspondait, ça me plaisait. Je ne sais pas ce qui s’est passé, pour que je me mette à aimer mon nom. Et maintenant c’est “France Gall”. C’est exactement moi. »

    Le jour de ses seize ans, le 9 octobre 1963, ses chansons sont diffusées pour la première fois à la radio. C'est le titre phare, Ne sois pas si bête, qui obtient le succès. Son père propose à Gainsbourg d'écrire pour France Gall. Le compositeur signe «N'écoute pas les idoles» sur le 2e 45 tours de la chanteuse, titre qui se place en tête du hit-parade du mois de mars 1964.

    Le 20 mars 1965, France Gall, à seulement 17 ans, remporte le grand prix de l’Eurovision à Naples grâce à Poupée de cire, poupée de son, une chanson écrite et composée par Serge Gainsbourg. Elle représentait alors le Luxembourg. Mais alors que ce jour devait rester gravé dans sa mémoire comme un formidable souvenir, cet épisode est entaché par une douloureuse histoire.

    À cause d’un malheureux coup de fil passé après sa victoire, à son compagnon de l’époque (Claude François) , juste avant qu'elle monte sur scène, pour aller rechanter sa chanson, il lui dit, «Je te quitte’», expliquait la chanteuse dans C’est votre vie sur France 2 en 2015. «Donc moi, qui étais très amoureuse, je pleure. Et on me pousse sur scène et on voit que j’ai plein de larmes mais ça n’a rien à voir avec le fait que j’ai gagné» a-t-elle renchéri, qualifiant sa victoire de «drame absolu».  

    Sa popularité s'estompe ensuite jusqu'à sa rencontre avec l'auteur-compositeur-interprète Michel Berger, qu'elle épouse en 1976. C'est en entendant à la radio, un jour de 1973, la chanson Attends-moi interprétée par Michel Berger que France Gall est subjuguée par sa
musique. À l'occasion d'une émission de radio, elle lui demande s'il peut lui donner son avis à propos des chansons que son producteur voudrait lui faire enregistrer. Bien que Michel Berger soit déconcerté par la pauvreté des chansons proposées à France Gall, il n'est pas question pour lui d'une collaboration entre eux. Ce n'est que six mois plus tard, en 1974, qu'il accepte d'écrire pour elle, après qu'elle a fait une voix sur le titre Mon fils rira du rock'n'roll du nouvel album de Berger (Chansons pour une fan), et après que l'éditeur de Gall le lui a proposé.

    C'est ainsi que naît en 1974 La Déclaration d'amour, premier succès d'une longue liste, et que la carrière de la chanteuse prend un nouvel essor. Du milieu des années 1970 au début des années 1990, elle enchaîne ainsi les succès avec des chansons composées pour elle par Michel Berger.   

    France Gall prend du recul et enregistre peu pendant les années qui suivent. Elle ne consent à reprendre le chemin des studios qu'à condition d'enregistrer un album avec Michel Berger. Elle s'investit comme jamais dans cette création à deux voix, pas tout à fait un duo :
l'album «Double Jeu» surprend en 1992.

    Gall et Berger annoncent une série de concerts dans diverses salles parisiennes comme La Cigale et Bercy. Le projet est interrompu par la mort brutale de l'auteur-compositeur-interprète, qui succombe à une crise cardiaque foudroyante le 2 août 1992.

    Marquée par ce tragique évènement, par de sérieux problèmes de santé, puis par la mort en 1997 de l'aînée de leurs enfants de la mucoviscidose, France Gall, si elle a fait depuis de nouvelles apparitions sur la scène musicale (Bercy 1993, Pleyel 1994, Olympia 1996), est moins présente dans l'univers médiatique.

    Elle met fin à sa carrière de chanteuse en 1997. Les 12 et 15 août 2000, elle fait deux apparitions sur la scène de l'Olympia, pour interpréter en duo avec Johnny Hallyday Quelque chose du Tennessee. C'est la dernière fois que France Gall chante sur scène.

    L'inoubliable interprète de Évidemment, Ella, elle l'a, Il jouait du piano debout, et de tant d'autres compositions de Michel Berger, se tenait loin de l'agitation du show-business,
fragilisée tant par des blessures à l'âme, que des problèmes de santé.

    Le 2 août 2012, jour des vingt ans de la mort de Michel Berger, la radio Europe 1 diffuse un entretien dans lequel France Gall annonce travailler à « l’écriture d’un spectacle musical autour de la musique de Michel, chantée par lui ou par [elle] ». Ce projet, qui répond
selon elle « à une attente du public », consiste à « monter en spectacle, revivre les tournées même si [elle] ne va pas chanter », confie-t-elle lors de cet entretien.

    Écrite par France Gall et Bruck Dawit, «Résiste» est une comédie musicale rendant hommage à Michel Berger. Elle est présentée au palais des sports de Paris du 4 novembre 2015 au 3 janvier 2016. Une tournée en France, en Belgique et en Suisse suit et s'achève le 23 décembre 2016 au Zénith de Lille.

    Le cancer du sein de France Gall — traité en 1993 — connaît une récidive en 2015. Sa maladie est gardée secrète du grand public.

    Le 9 décembre 2017, elle ne peut assister aux obsèques de Johnny Hallyday, ce qui alimente les rumeurs sur son état de santé. Dix jours plus tard, elle est admise en soins intensifs à l'hôpital américain de Neuilly pour une « infection pulmonaire sévère ». 

    Elle meurt dans cet hôpital le matin du 7 janvier 2018, à l'âge de 70 ans, des suites de la récidive de son cancer.

    Elle a rejoint l'amour de sa vie, Michel Berger, et leur fille Pauline, partie trop tôt.


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